Lettre de la fondatrice de Kiblos

L’année dernière, au cours d'un exercice de développement stratégique, j'ai tiré une carte qui posait une question simple, celle de la place que l'on prend et de la place que l'on laisse. 

Il y a 15 ans je créais Kiblos et depuis le 1er septembre je n’en assure plus la direction.

J'ai en effet accepté, pendant deux ans, la direction déléguée de l'Institut français de Iași, en Roumanie.  

C'est un pas de côté dans mon parcours d'entrepreneuse, qui me donne l'occasion d'exercer mon métier autrement, sur un autre territoire et avec d'autres manières de penser les projets culturels.

Mais ce pas de côté fait écho à mon propre parcours.

Ma première rencontre avec le spectacle vivant a eu lieu le 14 octobre 1987, j'avais huit ans, et j'assistais à un spectacle de danse interprété par des femmes venues de Ouagadougou. Le lendemain, les journaux annonçaient le coup d'État au Burkina Faso, Le Monde titrait “Sankara est mort”. 

D’un coup, l'altérité faisait irruption dans ma vie à travers le spectacle vivant. 

Jeune adulte, j’ai décidé de faire un Master de français langue étrangère et je suis partie travailler dans une Alliance française avec ce besoin insatiable de découvrir d’autres cultures, d’autres langues, d’autres histoires.

Aujourd'hui, je pars travailler dans une Institution qui fait de l’apprentissage de la langue, de la découverte des œuvres et de la rencontre entre cultures, sa raison d’être. C'est aussi là que se joue quelque chose auquel je tiens : la possibilité que le débat, le désaccord et la parole partagée aient une place. 

C'est le même postulat que celui qui m'a fait fonder Kiblos, celui de croire que les arts et la culture fabriquent de la place pour l'autre, dans le respect de la diversité.

Ce départ n'est évidemment pas anodin pour Kiblos que j'ai fondée, dirigée et beaucoup incarnée ces dernières années, il a donc été indispensable d'organiser la suite avec soin.

Marion Muller, jusqu'ici chargée du développement et de la communication, devient directrice déléguée. 

Marie Magneron est responsable de production.

La gérance de Kiblos est assurée par Gisèle Ecalle.

À elles trois, elles forment le comité de direction qui assure collectivement le pilotage de l'entreprise, dans une suite logique et cohérente.

Je reste fondatrice et associée de Kiblos, et profondément attachée à ce que nous y avons construit, mais je n'en assure plus le pilotage. 

Ce sont donc elles qui seront vos interlocutrices, pour les projets en cours comme pour ceux que vous souhaitez engager.

L’équipe est complétée par Floriane Bardy, Angélique Croce, Caroline Bordat et Magali Gence.

Encore et toujours une équipe féminine, qui a toute ma confiance. 

Ce fonctionnement en comité est nouveau pour Kiblos, mais la réflexion stratégique y est collective depuis plusieurs années et il permet de formaliser nos pratiques (merci l’AFDAS et son appui conseil RSE!) .

Les activités de Kiblos se poursuivent sans interruption sur l'ensemble de ses métiers. 

  • Kiblos Communication continue d'accompagner les structures culturelles en communication et en marketing, sous la responsabilité de Marion Muller.

  • Kiblos Production poursuit son travail d'administration, de production et de diffusion auprès des compagnies, sous la responsabilité de Marie Magneron.

  • Kiblos Formation, organisme certifié Qualiopi ouvert en janvier dernier, développe son offre, sous la responsabilité de Caroline Bordat.

Chaque projet en cours conserve sa référente et les engagements pris restent tenus dans les conditions convenues.

Vous me trouverez pendant deux ans à Iași. 

Puisque Poitiers et Iași sont jumelées, cette géographie un peu inattendue peut donner naissance à des ponts entre nos deux villes, et si vos pas vous conduisent dans ce coin d'Europe que nous connaissons finalement assez peu, vous saurez où me trouver. 

Je repars donc de la question qui a ouvert cette lettre, celle de la place que l'on prend et de celle que l'on laisse, en sachant que la seconde compte autant que la première. 

Une autre histoire commence pour moi, et celle de Kiblos continue.

Marion Ecalle, fondatrice de Kiblos

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